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Sida : des promesses de fonds pour la forme ?

Da: “Tribune de Genève” famedi-dimanche-lundi 7-8-9 juin 2003
Après les déclarations d’intention du G8, le Fonds mondial a tenu conseil à Genève.

Effet d’annonce ou réelle volonté de s’attaquer à la pandémie sida dont le pire venir? Au Sommet d’Evian, la France a certes promis de tripler sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tu-berculose et la malaria. L’Union européenne s’est engagée à débloquer un milliard de dollars par an sur cinq ans…

Il fallait suivre, au poker du président Bush qui avait assuré que les Etats-Unis consacreraient – sous certaines conditions – jusqu’à 15 mil-liards de dollars pendant cette meme période… A l’heure où vient de se clore, à Genève, le conseil d’adminis-tration du Ponds mondial de lutte contre le sida, petit tour d’horizon des questions en suspens.

Ambition à la baisse?
A la mi-mai, le Dr Massimo Barra, membre de la Fédération in-ternationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, prévenait: “La situation est critique. Nous en sommes réduits à envisager sérieusement que le Ponds mondial ne puisse meme pas assurer la conti-nuité des programmes en cours.
Une telle perspective est proprement scandaleuse.” Ce représentant des ONG au conseil d’administration du Fonds mondial de lutte se voulait hier plus positif: “Nous sommes à un mo-ment très important du Fonds. Le président Bush a lancé un défi à l’Union européenne et au reste du monde, secteur privé y compris.
Que chaque groupe lève un milliard par an. On est encore loin d’y arriver et c est bien en dessous des 7 à 10 milliards que Kofi Annan estimait nécessaires lors du lancement du Ponds. Mais il est trop tot pour céder au pessimisme.”

Appel des ONG
Les déclarations d’intention des Gouvernements se traduiront-elles en espèces sonnantes et trébuchantes? “Il faudrait s’orienter vers un mode de financement par contri-bution équitable à l’image de la Croix-Rouge.
Sans quoi on évite dif-ficilement les effets de manche des Gouvernements… “, répond le Dr Barra qui nourrit des espoirs dans la conférence des pays dona-teurs, le 16 juillet à Paris. En marge de la réunion du Fonds, une vingtaine d’ONG de la campagne “Fund the Fund” ont appelé les pays industrialisés à refinancer lé Fonds.
Les promesses de l’Union eu-ropéenne, le milliard américain -sur cinq ans, soit 200 millions pour 2004? “Très loin des 5 milliards né-cessaires chaque année pour coinbattre le sida dans les pays pauvres. “Et d’alerter: les caisses du Fonds ris-quent bien d’etre vides cet automne quand il s’agira d’approuver de nouveaux engagements. Médecins sans Frontières (MSF), au lendemain du Sommet d’Evian, n’a pas hésité de son coté à fustiger “un plan d’inaction”.
Pour le président de MSF France, Jean-Hervé Bradol, “Jacques Chirac a sacrifié le droit de millions de malades de dis-poser des médicaments dont Ils ont besoin afin de s’assurer une poignée de main du président Bush”.
Motif de cette colère: la déclaration du GB concernant les médicaments génériques. Le G8 compte en effet “travailler au développement d’une approche intégrée”. Meme pas un cautère sur une jambe de bois. Quand le sida a emporté trois millions de personnes l’an dernier….

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