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Table ronde organisée par l’Association Francaise …

… pour la Réduction des risques liés à l’usage de drogues, dans le cadre du colloque sur la prise en charge extra-hospitaliére des personnes atteintes par le VIH

Massimo Barra ( “Villa Maraini”, Croix Rouge, Roma ): j’ai fondé un centre qui s’appelle “Villa Maraini” à Rome, c’est un des plus grands centres d’Italie qui est très engagé dans le domaine de la toxicomanie. La première réaction, c’est qu’ici, on est tous d’accord probablement parce qu’il n’y a pas ceux qui ne sont pas d’accords. Ils existent aussi bien-sûr, et sont en mesure de déterminer les politiques du milieu carcéral.

Mais en tous cas, nous menons le même débat qu’ici, les memes problèmes dans les prisons. Tous récemment, le Président du comité international de la Croix Rouge, M. Some Rouca a fait une conférence lors d’une cession sur la torture. Il a dit que dans le monde entier (pas seulement dans les pays développés. mais aussi dans les autres), le système carcéral s’apparente à la torture. C’est ce qui se passe avec nos malades. En Italie, un tiers des prisonniers sont des toxicomanes qui subissent des souffrances inutiles.

La majorité des médecins qui travaillent en prison considèrent normal de donner du Largatil, du Valium, du Rohypnol. du Talofère Ils préfèrent prescrire et distribuer des produits très durs plutôt que de la méthadone car la métha est . “une drogue” C’est un problème culturel peut-être. J’ai beaucoup apprécié ce que vient de dire le Dr Bloch-Lainé au sujet de la médecine militaire et de l’attitude des médecins vis à vis de la vaccination. Mais alors, quoi faire ? Je vais vous donner un petit espoir.

Nous sommes descendus en 1992 dans la rue avec la première unité mobile en Italie qui chaque jour se gare devant la “Stazione Termini”, gare située au centre de Rome. Depuis le 25 mars 92, elle a été en contact avec une file de 17.000 toxicomanes: 200 par jour entre 16.00h et l.00h le lendemain. Au fur et à mesure, on a commencé à interagir avec les forces de police “de proximité”.

On s’est aperu que les jeunes policiers de 20 ans ont, dans la rue, des aptitudes humanitaires plus élevées que des vieilles assistantes sociales qui restent dans leurs bureaux, derrire les tables et qui peuvent manifester des comportements sadiques vis à vis des personnes.

Il faut dire que chez nous, on a beaucoup de “circulaires” qui disent qu’on peut donner la méthadone dans les prisons mais, à Rome, deux prisons donnent la méthadone et les autres non. Sans aucune de ces “circulaires” que le systè me utilise pour trouver des compromis permettant à la fois de “dire et de non dire”, nous avons créé un réseau dans lequel les commissariats de police (les “carabinieri”), ont pris l’habitude de commencer par appeler notre unité à chaque fois qu’il y avait affaire à un toxicomane arrêté en état de manque.

Notre unité a commencé à fonctionner 24h sur 24. Maintenant, à Rome, ça marche dans les commissariats de police, mais pas dans les prisons. On a pas réussi à faire a dans les prisons Chaque fois qu’un toxicomane est arrêté, on appelle notre unité d’urgence dans laquelle il y a: un ancien toxicomane, un médecin, un volontaire de la Croix Rouge.

‚a a créé un réseau d’humanité Les policiers eux-mêmes ont compris que la petite violence générée par la manque ne sert à rien qu’elle n’a aucun rôle politique, social ni médical. Beaucoup des arrêtés passent le lendemain en “comparution immédiate” On a vu que ceux qui étaient sous méthadone étaient capable de se défendre et que les autres ne le sont pas.

C’est clair ! On a vu que les peines données sont moins élevées quand le jeune est capable de se défendre et plus lourdes quand le jeune est dans un état de manque. Je crois que c’est une Žtude qu’il faut élargir. Je vous encourage à parcourir ce chemin.

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