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Discours à l’Assemblée Générale de la Croix-Rouge Française

em>Assemblée Générale de la Croix-Rouge Française – Paris, le 20 juin 2008
Massimo Barra
Président de la Croix-Rouge Italienne

Monsieur le Président,
Chers amis de la Croix-Rouge Française,
Tout d’abord, je tiens à remercier le Président Mattei et vous tous pour votre aimable invitation à cette Assemblée Générale: c’est pour moi un grand honneur et un plaisir d’être ici aujourd’hui, surtout en raison de l’ancienne et grande estime que j’ai pour la Croix-Rouge Française.

Mon premier contact avec la Croix-Rouge Française a eu lieu, en fait, en 1967. Cette année-là, j’avais été invité par le Comité de Sartrouville au Congrès National des Secouristes, dirigé par M. Blavet et avec Michel Thevenet comme adjoint.

A cette époque-là remonte aussì mon amitié avec M. Angebaud, qui aurauit eté Président de la Commission de la Santé de la Ligue et avec qui j’é co-presidé une reunion sur la drogue à Geneve en 1974. Les choses dont on a discuté lors de cette reunion conjointe des Commissions Jeunesse et Santé de la Ligue sont a nos jours d’une actualité impressionante.

En 1967, le Président était l’ambassadeur André François Poncet et le Vice-président était le General De Benedetti, qui serait devenu lui même Président quelques années plus tard. J’étais un jeune de la Croix-Rouge italienne et l’organisation des secouristes était pour moi un mythe, un modèle. C’est probablement à cause de cet ancien lien avec la Croix-Rouge Française que, tout en ne parlant pas parfaitement le français, je me considère un francophone et, surtout, un francophile.
A cette époque-là, les secouristes Italiens étaient environ 5000 et n’existaient que dans les Comites locaux d’une centaine de villes; chacun de ces Comités utilisait des uniformes et des règlements différents.

S’inspirant des secouristes français, la Croix Rouge italienne a donc créé un corps national de secouristes qui représente aujourd’hui la section la plus nombreuse de notre Société Nationale, avec plus de 100.000 volontaires actifs dans 1.200 villes et villages de notre pays.

Mais il y a aussi une autre raison à la base de cette proximité avec vous: en juillet 1976, j’étais à l’époque un jeune médecin travaillant dans le domaine de la toxicomanie, je suis venu en France pour m’informer sur les techniques de travail en ce domaine. A cette occasion, j’ai visité l’hôpital Marmottan à Paris et j’ai rencontré son Directeur, le Prof. Olievenstein. Puis, à Toulouse, j’ai visité la communauté thérapeutique créé par le Patriarche Lucien Engelmeyer, personnage discuté et controversé déjà à cette époque-là.

Quand je suis rentré à Rome, en août 1976 j’ai donc créé Villa Maraini qui est aujourd’hui l’un des plus grands centres de soins pour toxicomanes en Italie et qui, tous les jours, prend contact et donne la possibilité d’une thérapie à plus de 700 toxicomanes, comblant le vide entre eux et le reste de la société.

Notre emblème, la Croix-Rouge, a, dans ce cadre, un grand pouvoir : celui d’avoir la confiance, en même temps, des personnes vulnérables et des autorités.

Chaque fois qu’un toxicomane à Rome est arrêté, la police appelle nos équipes de la Croix-Rouge pour rencontrer le drogué, évaluer ses conditions et, si nécessaire, lui donner une pharmacothérapie comme la méthadone. La police a confiance en nous, les toxicomanes ont confiance en nous.

La Croix-Rouge «Bridges the gap», «comble le vide», toujours au milieu entre riches et pauvres, entre intégrés et marginaux, entre sains et malades, ainsi qu’entre les parties aux conflits, avec une position neutre et humanitaire qui ne juge pas et ne condamne pas. Comme l’a dit notre Seigneur «Ne jugez pas si vous ne voulez pas être jugés, ne condamnez pas si vous ne voulez pas être condamnés».
Depuis que nous avons commencé cette activité, dans les cellules de sécurité de la Police et dans les tribunaux, le niveau d’automutilation et d’hétérolesivité des désespérés qui ont besoin de substances pour survivre, très élevé dans le passé, est tombé, actuellement, quasiment à zéro.

Tout cela nous a confirmé dans l’opinion générale que la violence mène toujours à d’autre violence. Par contre une attitude thérapeutique et humanitaire appropriée est capable de réduire la stigmatisation et la discrimination des toxicomanes et va au profit de toute la communauté, en réduisant l’intolérance et la violence dans nos villes. Violence qui, dans la plus part des cas, est liée à la consommation et à la problématique de la drogue.

La Croix-Rouge est toujours une intermédiaire neutre entre les parties, et elle peut jouer un rôle plus actif que dans le passé à la frontière de la vie et de la coexistence civile dans la communauté. La Croix-Rouge est aimée par les autorités, par la population, mais aussi par les marginaux qui se sentent bien protégés par l’ Emblème.

Je saisi cette occasion pour féliciter la Croix-Rouge Française pour le projet dans le domaine de la réduction des risques qu’elle est en train de développer en Ukraine en collaboration avec la Croix-Rouge Italienne, dans un environnement très difficile, riche de préjugés et où les consommateurs de drogues sont encore considérés comme des criminels et non pas comme des malades.

Aussi dans le travail que nos deux Sociétés Nationales sont en train de faire en Ukraine nous pouvons constater que notre action a toujours deux dimensions: une dimension pratique opérationnelle dans le domaine de l’aide et une dimension de advocacy, un mot de difficile traduction tant en italien qu’en français, car les verbes « perorare » et « plaidoyer » sont un peut archaïques.

Advocacy, en concret, veut dire « offrir une tutelle », prendre la parole au nom des personnes vulnérables, au nom de ceux qui ne comptent rien parce qu’ils n’ont pas accès aux médias pour défendre leurs intérêts et pour réduire leur vulnérabilité.

Dans cette cadre, je souhaite rappeler que la Stratégie 2010 de notre Fédération Internationale dit: « advocacy is on a safer ground when supported by activities » . L’action d’advocacy a un terrain sûr quand elle s’appuie sur des activités. (Segue alla pagina successiva >>)

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